Méthode

Marge par catégorie : trouver les familles qui portent la boutique

Une catégorie peut peser 38 % du chiffre d'affaires et 17 % de la marge. Comment calculer la marge nette par catégorie sur PrestaShop et arbitrer son catalogue.

Le chiffre d'affaires par catégorie est l'un des rares indicateurs que PrestaShop donne nativement. C'est aussi l'un des plus trompeurs, parce qu'il classe vos familles de produits sur la grandeur qui décide le moins. Une catégorie peut peser 38 % du chiffre d'affaires et 17 % de la marge, et personne ne le voit tant que le calcul s'arrête au volume.

L'essentiel

  • La marge d'une catégorie se calcule en additionnant les marges, jamais en moyennant les taux de marge des produits.
  • L'écart entre marge brute et marge nette varie fortement d'une famille à l'autre : le transport et les retours ne pèsent pas pareil partout.
  • Le classement des catégories par chiffre d'affaires et par marge nette est rarement le même, et c'est le second qui doit guider les arbitrages.
  • Sqalie agrège la marge nette par catégorie, marque et produit, avec huit niveaux de descente jusqu'à la commande.

L'erreur de calcul la plus répandue

Beaucoup de tableaux de bord calculent la marge d'une catégorie en faisant la moyenne des taux de marge de ses produits. C'est faux, et l'erreur dépasse couramment vingt points.

Prenons une catégorie de trois références :

RéférenceTaux de margeUnités venduesCA netMarge
A62 %403 200 €1 984 €
B55 %251 750 €963 €
C14 %90027 000 €3 780 €

La moyenne des taux donne (62 + 55 + 14) ÷ 3 = 43,7 %. Le vrai taux de la catégorie est 6 727 ÷ 31 950 = 21,1 %. L'écart vient de la référence C, qui écrase tout par son volume et que la moyenne simple traite comme les deux autres.

La règle est donc sans exception : on additionne les marges et les chiffres d'affaires, puis on divise. Jamais l'inverse.

Pourquoi marge brute et marge nette divergent selon les familles

La marge brute ne retire que le coût d'achat. Dès qu'on retire les coûts liés aux commandes, les catégories ne sont plus du tout logées à la même enseigne.

Petit électroménagerAccessoires textile
CA net48 000 €48 000 €
Marge brute19 200 € (40 %)21 600 € (45 %)
Transport réel−6 900 €−2 400 €
Coûts de retour−3 100 €−1 900 €
Frais de paiement et divers−1 400 €−1 400 €
Marge nette7 800 € (16,3 %)15 900 € (33,1 %)

Les deux catégories partaient presque à égalité en marge brute. Elles finissent du simple au double. La raison tient en deux lignes : les produits encombrants coûtent cher à expédier, et certaines familles reviennent beaucoup plus que d'autres.

Ces deux postes méritent chacun leur traitement : la façon dont le poids volumétrique renchérit les familles encombrantes est détaillée dans notre article sur la surfacturation transporteur, et le coût complet d'un retour dans celui sur le taux de retour produit.

Le tableau qui change les décisions

Une fois la marge nette calculée par catégorie, le tableau utile tient en cinq colonnes :

CatégoriePart du CAPart de la margeTaux de marge netteÉcart de rang
Électroménager38 %17 %12,4 %−3
Décoration22 %31 %39,1 %+1
Textile19 %28 %40,8 %+1
Petits accessoires12 %18 %41,6 %+1
Consommables9 %6 %18,5 %0

La colonne « écart de rang » est la plus intéressante : elle compare la place de la catégorie au classement par chiffre d'affaires et au classement par marge. Une catégorie qui perd trois places est une catégorie dont tout le monde surestime l'importance dans l'entreprise, y compris dans l'allocation du budget publicitaire et du temps de l'équipe.

Ce qu'on fait de ce classement

Réallouer le budget publicitaire. C'est l'action au meilleur rapport effort/résultat. Si une catégorie à 12 % de marge consomme un tiers du budget, quelques points de réallocation vers les familles à 40 % changent le résultat du mois sans toucher au catalogue.

Revoir le prix ou l'emballage avant de couper. Une catégorie dont la marge nette est mangée par le transport se redresse souvent par l'emballage, parfois par un seuil de franco de port spécifique à cette famille, rarement par une hausse de prix frontale.

Vérifier le rôle d'appel avant de trancher. Une catégorie peu rentable qui recrute des clients revenant sur des familles rentables ne doit pas être jugée sur sa seule marge. Regardez le taux de réachat des clients dont la première commande portait sur elle.

Descendre d'un niveau. Une catégorie est rarement homogène. Le plus souvent, trois ou quatre références expliquent l'essentiel de sa faiblesse, et la conclusion n'est pas « cette catégorie ne marche pas » mais « ces quatre références ne marchent pas ». C'est l'objet de notre guide sur les produits les plus rentables.

Les pièges de rattachement dans PrestaShop

Deux points techniques qui faussent l'analyse plus souvent qu'on ne le croit.

Les produits multi-catégories. Dans PrestaShop, un produit appartient à plusieurs catégories. Si l'analyse ventile une vente sur chacune d'elles, le total du chiffre d'affaires par catégorie dépasse le chiffre d'affaires de la boutique. Retenez une catégorie principale par produit, en général la catégorie par défaut, et vérifiez qu'elle est renseignée partout.

Les arborescences trop profondes. Une arborescence à cinq niveaux produit des catégories feuilles avec trois ventes par mois, sur lesquelles aucune conclusion statistique n'est possible. Conduisez l'analyse au niveau où chaque catégorie pèse au moins quelques pourcents du chiffre d'affaires, et descendez ensuite ponctuellement.

Ce que Sqalie fait

Sqalie calcule la marge nette de chaque commande : chiffre d'affaires hors taxes, moins les remises et les avoirs, moins le coût d'achat figé au moment de la vente, moins le transport réellement facturé, les frais de paiement, les commissions marketplace, la manutention, les coûts de retour et l'écotaxe.

Ces marges sont ensuite additionnées par produit, catégorie, marque ou moyen de paiement. Le calcul est donc toujours une somme de marges réelles, jamais une moyenne de taux, ce qui élimine par construction l'erreur décrite plus haut.

Sur l'écran Ventes & marges, on descend du global au détail sur huit niveaux, du moyen de paiement jusqu'à la commande elle-même, en passant par la catégorie, la marque, le produit, la déclinaison et le groupe de clients. Une catégorie qui décroche se creuse donc jusqu'à la vente qui l'explique, en quelques clics et sans construire de rapport.

Sqalie surveille en continu et prévient quand une catégorie voit son taux de marge décrocher, avec le chiffre concerné et le lien vers l'écran pour agir. C'est en général le signal le plus précoce d'un problème de prix d'achat, d'emballage ou de mix produit.

L'exercice à faire une fois

Classez vos catégories par chiffre d'affaires, puis par marge nette, et regardez seulement les changements de rang. Les catégories qui reculent de plusieurs places sont celles où votre perception de la boutique et sa réalité économique divergent, et ce sont presque toujours celles où se trouvent les décisions les plus rentables.

Questions fréquentes

Comment calcule-t-on la marge d'une catégorie ?

En additionnant la marge nette de chaque commande rattachée aux produits de la catégorie, puis en la rapportant au chiffre d'affaires net de cette même catégorie. La méthode qui consiste à faire une moyenne des taux de marge des produits est fausse : elle donne le même poids à une référence vendue 4 000 fois et à une référence vendue trois fois. C'est la somme des marges qu'il faut calculer, jamais la moyenne des taux.

Comment traiter un produit rattaché à plusieurs catégories ?

Choisissez une catégorie principale par produit et tenez-vous-y pour l'analyse de rentabilité. Ventiler une même vente sur trois catégories donne des totaux supérieurs au chiffre d'affaires réel et rend les comparaisons impossibles. Dans PrestaShop, la catégorie par défaut du produit est le rattachement le plus simple à utiliser, à condition qu'elle soit correctement renseignée sur l'ensemble du catalogue.

Quelle différence entre marge brute et marge nette par catégorie ?

La marge brute par catégorie ne retire que le coût d'achat. La marge nette retire aussi tous les coûts liés aux commandes : transport réellement facturé, frais de paiement, commissions marketplace, manutention, coûts de retour. L'écart entre les deux varie énormément d'une catégorie à l'autre, parce qu'une famille de produits encombrants ou à fort taux de retour absorbe beaucoup plus de coûts qu'une famille de petits articles.

Faut-il imputer la publicité aux catégories ?

Oui, dès que vos campagnes sont segmentées par famille de produits. Une catégorie qui consomme 40 % du budget publicitaire et génère 15 % de la marge est un problème invisible tant que la publicité reste une charge globale. Comme pour les canaux, l'imputation se fait dans l'analyse détaillée, la publicité restant une charge fixe dans la synthèse globale, pour ne jamais la compter deux fois. Si vos campagnes ne sont pas segmentées, commencez par les segmenter : c'est le préalable à tout arbitrage de catalogue sérieux.

Une catégorie à faible marge doit-elle être supprimée ?

Pas automatiquement. Certaines catégories jouent un rôle d'appel : elles attirent des clients qui achètent ensuite des familles plus rentables. Avant de couper, vérifiez le taux de réachat des clients dont la première commande portait sur cette catégorie, et la composition moyenne de leurs paniers. Une catégorie à 8 % de marge qui recrute des clients revenant sur une catégorie à 50 % est un investissement, pas une perte.

Comment Sqalie calcule-t-il la marge par catégorie ?

Sqalie calcule la marge nette de chaque commande, puis l'agrège par produit, catégorie, marque ou moyen de paiement. L'écran Ventes & marges permet de descendre du global au détail sur huit niveaux, du moyen de paiement jusqu'à la commande elle-même. Vous partez donc de la catégorie et vous descendez jusqu'à la vente qui explique l'écart.

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